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Visiteur estival, de
Toulouse ou Paris,
Lorsque tu viens ici, le regard ébloui
Par l'écume brillante où le soleil se
mêle,
Par le sable brûlant et les femmes si belles,
Humant le vent marin ou te mirant dans l'eau
Peut-être te vois-tu pêcheur ou matelot.
Leur mer est
différente et le labeur est grand
Lorsqu'il faut arracher de l'océan le vivant
Ou peiner des années sur un monceau de tôle.
L'un pense à son emprunt, à sa mie, à
ses drôles,
L'autre rêve du jour où dans l'île natale
Il reviendra, heureux, pour une ultime escale…
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Quant à
l'aventurier qui recherche la lune,
Parti sur un voilier loin d'honneurs et fortune,
Il découvre enchanté tel un héros
d'Homère,
Dans chaque nouveau port une nouvelle pierre,
Mosaïque humaine dessinant un portrait
Où l'on trouve enlacées la beauté et
l'ivraie.
Mais quand le vent rugit
et sonne l'hallali,
Quand le navire broyé sous les lames gémit,
Alors, toute la nuit par la mort menacés,
Les marins sont unis par la même pensée :
A terre en ce moment, ils seraient endormis
Sur le sein de leur femme, dans la chaleur d'un lit.
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