
Tyrannosaurus Rex
Oh, puissants de ce monde…
Aucun
être vivant n'approchait leur repère
Les adultes repus gisaient dans l'ossuaire
Des jeunes s'arrachaient quelques restes immondes
C'était un jour paisible pour les maîtres du monde.
C'est
alors que le ciel devint miroir de feu
Un silence de plomb puis un bruit monstrueux :
Le sol se dérobait ou jaillissait tordu
La Terre réveillée par un coup de massue
Grondait en s'élançant à l'assaut
d'elle-même
Les géants devenus nains devant cette ire extrême
Dansaient sur une mer de rochers ennemis
Tandis que de l'océan des sommets inouïs
Venaient noyer la vie jusque dans les montagnes.
…Puis vint l'obscurité en funeste compagne.
Assistant
à la fin de ces tyrans candides
Dans une cavité brillait un œil avide
Celui de notre ancêtre un petit mammifère
Dont les lointains enfants régneraient sur la Terre.
Et pour ces nouveaux maîtres bêtes impitoyables
Nul besoin de la faim pour tuer leurs semblables
Ni d'un tel cataclysme pour en polluer l'air.
Ceux-là rien ne pourra les jeter en enfer
Pas même une comète ou un
astéroïde
Qu'ils détruiraient de loin à l'aide d'un bolide.